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 Le carnet à la plume de harpie

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Le créaturologue

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MessageSujet: Le carnet à la plume de harpie   Mar 14 Avr - 20:23

Voilà longtemps que je n’ai pas continué l’étude de mes spécimens. La dernière fois remonte à plusieurs semaines, si bien que la validité épistémologique des conclusions qui suivront à partir de maintenant doit être modérée.

Avant de revenir au Psychatog, je dois indiquer les raisons de ce manque d’assiduité dans ma recherche. Cela ne sera cependant pas totalement digressif.

Il y a quelques semaines, suite à un véritable déluge qui avait détrempé ciel et terre, je fis une très mauvaise chute de mon poste d’observation arboricole. En tout cas, je le pense, car, bien que n’ayant pas de souvenirs particuliers de cet événement, les séquelles sur mon corps parlent d’elles mêmes.

Il se trouve que, et je ne puis dire comment, je me réveillais un matin dans un lit étranger, bardé d’attelles aux deux jambes, incapable de bouger, et surtout terrassé par la douleur. Se précipitant à mon secours, une aubergiste un peu bourrue mais finalement serviable accourut à mes côtés. Devant mon air consterné et interrogatif sur les circonstances de ma présence chez elle, elle m’expliqua bien vite que je me trouvais en un territoire royaliste, au port de Brosems.
Quelques jours plus tôt quelqu’un m’avait déposé dans un triste état devant la porte. Lorsqu’elle avait entendu du bruit à l’extérieur elle s’était précipitée pour ouvrir, et m’avait aperçu tout cassé que j’étais sur le seuil. Elle vit au loin une silhouette qui s’enfonçait dans les bois. Quand elle voulut l’appeler elle fila de plus belle.

Curieux à l’idée d’apprendre que ma vie n’avait tenu qu’à ce généreux inconnu, j’oubliais ma douleur et posais nombre de questions, mais l’aubergiste ne put que me dire qu’elle pensait qu’il s’agissait d’une femme, sans pouvoir l’affirmer. M’apportant ensuite à boire, elle eut la délicatesse de ramener avec elle ma sacoche où je gardais toujours mes notes de travail. Elles étaient toujours là, mais elles n’étaient pas intactes ! L’aubergiste était confuse et m’assurait que personne n’y avait touché ! En regardant de plus près je vis que des pages avaient été arrachées. Je suffoquais, des mois de travaux envolés, perdus dans la nature. Les surprises ne s’arrêtèrent pas là. Fouillant désespérément au fond du sac pour trouver quelques bribes ayant survécu, je me piquais la paume sur un objet. Je découvris alors qu’une pointe dépassait d’un de mes vieux carnets dédiés à d’autres créatures. En l’ouvrant s’échappa une plume étrange aux reflets nacrés. Elle avait été intercalée parmi mes notes sur les harpies, passion de mes jeunes années d’étudiant et aussi cause de mes premiers déboires d’universitaire incompris.

Par-dessus mon écriture je pus lire des mots récents :
« Voici la preuve de l’existence de cette créature-ci. Vous n’avez plus besoin de l’autre pour gagner le respect de vos pairs à présent. Rentrez chez vous et oubliez, avant que je ne reprenne la vie que vous me devez. »

J'aurais voulu bondir, mais j'étais cloué sur place. Il fallait s'y résoudre, plus je serai patient, plus vite je serai sur pied et de retour au Repaire là où m'attendaient les réponses à la foule de questions qui envahissaient alors ma tête.
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Le créaturologue

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MessageSujet: Re: Le carnet à la plume de harpie   Mer 15 Avr - 22:45

Depuis quelques jours enfin je suis redevenu fidèle à mon perchoir, mais encordé comme il se doit, fermement attaché à une branche.

Mon étude peut ainsi reprendre et j’ai la bonne surprise de constater que mon vieux carnet va regorger de nombreuses nouveautés : le Psychatog n’a pas chômé.

Les principaux faits sont doubles : le piteux état de Freya, et l’arrivée dans le groupe de nouveaux spécimens.

Commençons par les nouvelles de Freya. Depuis que je l’ai quittée, elle est à peine reconnaissable. Je ne l’ai que peu revue, mais elle semble en permanence tourmentée. La sueur perle sur son front traversé de tensions qui témoignent de son mal être. Hier elle tenait à peine debout, chacun de ses pas lui pesait. Ses pupilles sont dilatés, rouges, mais ternes. Ce qui m’étonne le plus c’est que Vindi ne subit pas les mêmes symptômes. J’ignore ce qu’il peut se passer pour l’instant et j’attends de nouvelles observations.

Malgré le pincement au cœur que je ressens quand je vois la pauvre Freya au plus mal, je ne peux qu’être totalement subjugué par les autres observations que j’ai pu faire. Le groupe s’est agrandi de trois hommes. Deux semblent encore partiellement affaiblis par le rituel alidhanien de renaissance (que je décris dans mon étude sociologique sur les mœurs des autochtones). Il y a aussi un maître de géomancie.

Le petit groupe est très soudé : pour le moment je n'ai pu les voir qu'une seule fois à l'œuvre. Ils étaient au Sud du Repaire, en train de parcourir les lieux en discutant tout à fait normalement, comme si de rien n'était. Aucun signe de querelle entre eux, ni même une quelconque agressivité. Cependant cette ambiance sereine s'évanouit vite, quand tous filèrent vers le Nord d'un seul bond, dans le silence.
Ils se postèrent à proximité d'une place forte, à l'affut du moindre inconscient qui aurait mis le nez dehors.

Ce qui me surprit le plus est que même les deux plus faibles se trouvaient en première ligne, alors qu'il était évident que leur constitution les condamnait. Mais ils ne bronchaient pas, chacun tenait sa place, immobile. Même de loin on pouvait percevoir la tension qui parcourrait leur corps, leurs muscles raidis, à l'écoute d'ordres qu'eux seuls pouvaient percevoir.

Mais l'armée de possédés n'est pas encore tout à fait opérationnelle, et les attaques connurent quelques ratés. Alors que Vindi, le géomancien et le paladin frappaient de concert, le druide semblait constamment à la traine, si bien que plusieurs proies en réchappèrent. Apparemment, coordonner tous ces corps différents n'était pas chose aisée.
C'est après plusieurs tentatives qu'enfin les quatre spécimens parvinrent à s'accorder et le druide racheta sa lenteur en achevant la victime du déchainement du Psychatog. Cela lui arracha un cri de victoire qui retentit dans tout le repaire.

Regarder un tel spectacle fut réjouissant, mais c'était oublier qu'il s'agissait d'hommes transformés en bêtes serviles. Il faut aussi se poser la question de l'accroissement soudain du groupe, et je regrette là mon absence, sans doute cet élément de compréhension restera à jamais obscur. S'agit-il d'une extension momentanée du phénomène ou alors suis-je en train d'assister au réel éveil du monstre ?
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Le créaturologue

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MessageSujet: Re: Le carnet à la plume de harpie   Mer 6 Mai - 13:28

Il y a quelques minutes à peine, j'ai quitté mon poste d'observation un instant et à mon retour une liasse de feuilles m'attendait à l'endroit même ou j'ai l'habitude de me tenir. J'ai pensé immédiatement que Vindi avait profité de ma rapide désertion pour me glisser "son petit carnet à elle".
J'avoue être un peu fébrile à l'idée de déplier ces feuilles, et je me tiens pointe de plomb à la main pour noter mes observations au fil de la lecture.

Finalement, j’ai lu de bout en bout le témoignage de Vindi qui m’a livré bon nombre d’indications essentielles pour comprendre le fonctionnement du Psychatog. Je collerai les pages à la fin de mon carnet, inutile de recopier les passages importants.

Tout d’abord, elle m’a présenté sa vie passée, celle qu’elle mena jusqu’à ses 20 ans loin d’Alidhan et de ses origines. A l’évidence, ses troubles de la personnalité ont commencé dès l’enfance. Rejetée par ceux qu’elle pensait être les siens, elle a développé un comportement rebelle et violent, ponctué par ce que l'on pourrait analyser comme des crises de folie dont témoigne l'incendie volontaire sur son propre village et les habitants qui furent contraints de la chasser. C’est après ce tragique événement qu’elle apprit qu'elle était en réalité une fille du royaume d’Alidhan dont les parents avaient disparu dans des circonstances inexpliquées.

Elle m’a aussi évoqué sa rencontre avec Freya, son double doté du même visage et du même caractère irascible alors qu’elles avaient été élevées à des miles de distance, et le sentiment d’apaisement qu’elle éprouva en se sentant enfin chez elle. Puis vinrent les premières hallucinations dont elle a été victime il y a plusieurs mois, et plus énigmatique, sa rencontre avec un inconnu qui voulut l’avertir sur les Atogs dans une échoppe de Nedmor. D’ailleurs, c'est la lecture des notes qu’elle m’a soit-disant emprunté lui remémorèrent cet énigmatique événement.

Pour moi, l’esprit de Vindi est le lieu idéal pour que niche un Psychatog. Je ne saurais cependant dire si le Psychatog est apparu soudainement profitant de ce lit propice ou s’il a toujours été quelque part en elle (ce qu’elle semble penser vu les mots qu’elle emploie) se montrant par à-coup jusqu’à devenir de plus en plus pressant. Cette dernière perspective est particulièrement à craindre, puisque cela voudrait dire que le mal fera que s’accroitre.

Vindi est tout à fait consciente du danger qu’elle représente mais n’a pas perdu l’espoir non pas de vaincre le Psychatog, mais de l’asservir. D’ailleurs c’est là l’objet de sa lettre. Elle souhaite savoir s’il me parait envisageable de maîtriser un jour la bête, et si la connaissance permettra d’y parvenir. Jusque là elle n’a rien dit à ses compagnons d’infortune qui ignorent tout de leur mal et ne font que subir, et elle souhaiterait leur parler.
A vrai dire, je ne sais quoi lui répondre, j’ignore si ce qu’elle veut entreprendre est possible ou si cela ne fera qu'empirer les choses. Quoiqu’il en soit cela me semble aller dans le sens du mal, puisqu’elle ne veut pas aller à l’encontre de la brutalité qui l’habite depuis toujours mais veut au contraire la décupler consciemment. C’est d’ailleurs ce qu’elle essaie déjà de faire lorsqu’elle se bat auprès de quelques amis qui lui restent.

Parlons-en d’ailleurs. Depuis que Vindi et Freya ne sont plus seules, et qu’autour d’elles un petit groupe de possédés s’est constitué, les personnes protégées du Psychatog sont restées les mêmes, et les anciens compagnons des nouveaux membres du groupe ne se sont pas ajoutés à la liste réduite des « intouchables ». Cela reste encore difficile à expliquer, j’espère en apprendre plus dans les prochains jours.
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